Petit bilan de notre vie sur l'île de la Réunion.

Publié le par Le Miniature Léon et Nous

Petit bilan de notre vie sur l'île de la Réunion.

Après (presque) trois ans passés sur l'île de la Réunion, nous voilà, depuis quelques semaines, de retour en Métropole. D'abord les enfants et moi puisque Mr Chéri un peu plus tard, pour des questions d'organisation.

Je ne pensais pas que ce serait le cas, honnêtement, mais ce retour bien qu'il me réjouisse me rends aussi un peu triste, bien sûr parce que nous avons laissé Mr Chéri derrière nous pour le moment, mais aussi parce qu'il faut tourner la page d'une vie que nous avions construite là-bas. 

Au début de notre "expatriation" j'avais déjà écris un article sur "10 raisons qui font que c'est parfois frustrant d'être maman sur l'île de la Réunion" . Je me suis relue en faisant cet article, et tout ce que j'avais écrit à l'époque reste vrai (pour moi).

Coté négatif, coût de la vie, isolement géographique (pour tout ce qu'il implique), manque de spécialistes médicaux (on ne peut compter sur des régions limitrophes notamment), manque d'activités pour les enfants de notre coté de l'île et climat parfois un peu difficile à supporter ont été les gros points noirs pour moi.

En ce qui concerne le coût de la vie, les produits importés (donc la grande majorité) coûte de 25 à 50% (parfois plus), qu'en métropole. Nous avons donc grandement revu notre manière de consommer pour nous en sortir et nous sommes mis aux pratiques locales: faire le marché, consommer au maximum des produits locaux (café, chocolat, confiture -la confiture chouchou géranium!!! hummmmm- fruits et légumes, viande, ou bière etc...), et faire des stocks pendant les promos (un conseil, ne jamais aller faire ses courses dans un magasin de l'île le 1er jour d'une promo sur le riz (l'aliment de base)!

Pour l'isolement géographique, ce qui m'a semblé difficile c'est de ne pouvoir avoir ma famille auprès de moi dans les moments difficiles ou important (suspicion de leucémie de mon fils, naissance de ma fille) et vice versa. 

Dans un tout autre genre, ce qui m'a gêné à la Réunion c'est d'avoir l'impression de vivre sur la 5ème roue du carrosse de la France.  Réellement, je plaint sur ce point les personnes qui y vivent sur le long terme: Les frais de livraison des sites sont le plus souvent exorbitants, et ça c'est quand on a la chance que les sites livrent sur l'île, je ne parle même pas de la poste (petite astuce, il vaut mieux envoyer plusieurs petits colis qu'un gros pour faire des économies), on a les nouveaux articles bien plus tard qu'en métropole (pour exemple, j'avais commandé le calendrier de l'avent du Loup chez Agora (librairie) il y a 2 ans, et ne le voyant pas arriver, ma belle-mère nous l'a expédié de Métropole, heureusement parce qu'à Agora, ils l'ont reçu...le 20 décembre), j'ajoute le coût de la vie dont j'ai parlé juste au dessus. Pour les enfants, l'idéal est sans aucun doute de vivre coté Sud. Coté nord, il n'y avait rien ou presque d'adapté question activités pour les petits (pas de baby gym par chez nous notamment)

Pour le climat, je dois d'abord dire que nous n'avions pas la climatisation chez nous, et que dans la voiture, elle marchait quand elle voulait. Du coup, nous évitions de sortir aux heures trop chaudes, et honnêtement, je me suis crue dans un four toute ma deuxième grossesse. Je n'en pouvais plus, je rêvais de neige!

Un bilan bien négatif à première vue, mais il y a aussi beaucoup de positif:

D'abord, j'ai adoré les paysages Réunionnais, toute cette nature, les cascades, la mer, et je regrette que les soucis de santé du Miniature nous aient amenés à visiter plus souvent l'hôpital de St Denis que les superbes sites de l'île! Gros coup de coeur pour Ste Rose et son anse des cascades!

J'ai aussi découvert et apprécié la cuisine réunionnaise (péi) qu'elle soit sucrée ou salée (mais sans piment s'il vous plaît). Carry en tout genre, rougail saucisses, samoussas, bouchons (qui manquent déjà au Mini) et sandwich bouchons gratinés (bonjour la ligne ^^)   le chouchou (légume de la famille des courges) sous toutes ses formes, les achards de légumes (qui ne manqueront qu'à moi, monsieur en a trop mangé et en est dégoûté à vie, je crois ). Sans compter les fruits plein de soleil, ananas, mangues, lychees, longanes etc..., succulents ramassés dans la cour ou souvent achetés pour quelques sous à des marchands au bord des routes. On est pas prêts de remanger des lychees branches à 1€50 le kilos malheureusement!

Et puis surtout il y a des gens, et une ambiance. Un état d'esprit bien différent de la France. Les gens prennent le temps, ils se respectent et vivent ensemble, vraiment. Chaque culture, chaque tradition trouve sa place sans que la majorité trouve à y redire. On côtoie temple indien, église évangéliste et mosquée à quelques mètres les uns des autres sans qu'il n'y ait conflit. Les gens se mélangent sans se poser la question des origines, de la couleur, ou de la religion (mais cela n'exclut pourtant pas un racisme existant malheureusement). Les gens se tutoient presque tous et te parlent comme s'ils te connaissent depuis toujours (j'avoue que c'est assez décontenançant au début), du pompiste à l'opérateur d'Orange en passant par le serveur du restaurant et la guichetière de la poste. 

Et puis, ce qui me manquera le plus: la bienveillance envers les enfants. Avec les créoles, les enfants sont rois! Partout un mot gentil, une petite attention. Les gens ne critiquent pas comme en métropole, l'allaitement est plus que naturel pour eux (95% d'allaitement à la naissance), un enfant qui pleure en bus n'est pas de suite cloué au pilori, un enfant qui crie est un enfant qui joue pas une gêne, une future mère est traité avec plus de respect qu'en métropole. Comme l'enfant, la mère est sacrée pour les créoles.

Vivre cette expérience a été une chance que je prends comme telle. Je suis consciente que beaucoup nous l'envie. Elle nous a permis de découvrir une faune et une flore magnifique, une autre culture, et une autre façon de vivre et nous a ouvert l'esprit. L'expérience reunionnaise est aussi une grande chance pour notre fils (mini miss est encore trop petite) qui s' est imprégné de toutes ces cultures et qui a appris beaucoup et notamment le vivre ensemble des cultures. 

Petit bilan de notre vie sur l'île de la Réunion.
Petit bilan de notre vie sur l'île de la Réunion.
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