Une petite fusée est née.

Publié le par Le Miniature Léon et Nous

Une petite fusée est née.

Voilà quelques temps que j'ai déserté (à nouveau) le blog. Mais cette fois pour une jolie raison: le 16 mars, avec un peu d'avance, notre Mini Miss, notre princesse, est née! Et elle a hérité des sages-femmes le surnom de petite fusée tant sa venue a été rapide!

Le 15, la veille au matin, j'avais eu des petits saignements qui n'avaient pas alertés ma sage-femme, c'est apparemment courant, un signe que le col se prépare, mais rien de forcément imminent non plus. D'ailleurs quelques jours plus tôt, mon gynécologue avait estimé que j'en avais encore pour 10/15 jours. Tout ça m'arrangeait bien, le sac de maternité n'était pas terminé (j'attendais encore des colis de Métropole), et la chambre pas plus. Le 15, nous avions enfin reçu (et installé dans la foulée) les meubles pour la petite, c'était un stress de moins.

Enfin...Je crois surtout que mes enfants prennent ça pour le message qu'ils peuvent débarquer! Dejà pour mon fils j'avais perdu les eaux la nuits après avoir terminé de ranger sa chambre (bon ok, la perte des eaux avait sans doute surtout était la conséquence de mes efforts)

Le jour J, je commence à avoir des contractions vers 1-2h du matin, mais rien d’inquiétant puisque cela fait plusieurs semaines qu'elles vont et viennent. D'ailleurs Mr Chéri ne s'en formalise pas. Malgré tout, une sorte d'intuition me dit que c'est le jour J. Vers 4 heures, je me lève et je me douche pour voir si les douleurs cessent - ce qui n'est évidemment pas le cas - les contractions sont plus ou moins régulières toutes les 10-12 minutes, mais restent très supportables. Je réveille tout de même Mr Chéri en lui disant qu'il a le temps, qu'on partira après avoir déposé le Mini à la crèche (qui ouvre à 7h), même si entre temps les contractions se sont un peu rapprochées, je pense que j'ai tout mon temps. Je gère bien la douleur, je fais mon sac comme je peux (il me manque encore des choses, Mr Chéri sera quitte pour repasser ce qui ne l'est pas et aller (r)acheter ce qui n'est pas encore arrivé par la poste), je prépare celui du Mini pour la crèche, et je note à mon mari la longue liste des médicaments de notre fils pour qu'il n'oublie rien. A 5h, Mr Chéri se lève, mes contractions viennent toutes les 5 à 6 minutes, je regarde le soleil se lever pendant qu'il boit son café en étendant le linge, puis je vais voir le Mini, et je lui enfile un pull dans son sommeil.

Finalement, je décide qu'il est temps de partir, mais que Mr Chéri rentrera pour faire prendre au Mini son traitement et le déposer à la crèche et viendra me rejoindre ensuite: malgré la proximité de la maternité, j'ai peur des embouteillages à l'heure d'embauche! J'ai accouché vite la première fois, je ne veux pas mettre ma fille au monde dans la voiture! St Denis le matin, ce n'est pas le périph parisien, mais pas loin quand même. Je descends l'escalier qui mène au parking en respirant profondément ce qui amuse beaucoup le Mini qui pensant m'imiter fait "chut" avec son doigt. Je souris et on embarque en voiture.

Nous arrivons très rapidement aux urgences de la maternité. Il est à 6h45, Aurélie, la sage-femme m'examine: je suis à 4 cm, ce sera bien pour aujourd'hui. Je laisse repartir Mr Chéri avec le Mini après un bisous et je dis à mon mari qu'il a le temps (mais pas trop quand même), à 4cm, on a bien quelques heures devant nous. Ou pas...

La sage-femme me demande si je veux la péridurale, je confirme, mais précise aussi que je veux attendre d'être à 6 cm. Elle acquiesce tout en me prévenant que si j'attends trop, on devra faire sans. J'ai des contractions toutes les 4-5 minutes, je me dis que c'est bon, mais elle a à peine tourné le dos que les contractions s' intensifient et se rapprochent toutes les 2 minutes. Je la rappelle, elle me fait prendre une douche à la Betadine (je suis surprise, pour mon fils on ne me l'a pas demandé) ou je me badigeonne tant bien que mal entre deux douleurs, puis elle me conduit à la salle de naissance toute proche avant d'appeler l'anesthésiste de garde.

La sage-femme désolée me prévient cependant: pas de chance pour moi, c'est la mauvaise heure, l'anesthésiste est sans doute en train de préparer les opérations programmées. Il va me falloir patienter. Entre deux grimaces de douleurs, j’acquiesce: ça va, j'y survivrais. Elle rit, elle n'en doute pas. Elle me pose un monitoring en attendant. On discute, une autre obstétricienne nous rejoins (c'est calme ce matin), les contractions sont douloureuses, mais je gère. Je n'ai pas le choix de toute façon (et je suis aussi trop fière pour me plaindre ^^) . Les sages-femmes admirent (même si je me dis qu'elles doivent le faire souvent) et me soutiennent. J'ai la tête qui tourne un peu: j'hyperventile. Elles me demandent si j'ai besoin de quelque chose, et la seconde s’inquiète de me voir seule. Je me dis que j'aimerai bien que Mr Chéri arrive vite moi aussi.

L'anesthésiste arrive enfin vers 7h45, elle prends les renseignements et tout en se préparant, me pose 2 ou 3 questions puis me fait asseoir en me demandant de la prévenir quand la prochaine contraction sera passée. La contraction arrive, elle me pique mais aussitôt une autre suis, bien plus douloureuse. Je sens que ça pousse. Honnêtement, je n'aurais jamais cru que cette sensation soit aussi nette. Impossible de s'y tromper. Je les préviens. La sage-femme est un peu incrédule, l'anesthésiste évoque la possibilité que le changement de position ait accéléré le travail. Elle se dépêche. A peine a-t-elle fini de poser les adhésifs que je sens encore que ça pousse. On m'allonge, la sage-femme m'examine, et surprise m'annonce que je suis "à complète" et que ma fille est une petite fusée. Elle me rassure: on va laisser la poche des eaux percer naturellement comme ça le produit que l'anesthésiste est en train d’injecter aura le temps d'agir un peu. Ou pas, car déjà je sens le liquide couler. La sage-femme est surprise, elle confirme: c'est une fusée. Ce que j'appréhendais depuis quelques minutes se confirme: j'accoucherais sans péridurale! Dans ma tête un tas de choses passent, je ne dois pas paniquer, ni flancher. Je peux le faire. Je dois le faire. De toute façon, je n'ai pas le choix, personne ne le fera pour moi. La douleur est la meilleure des motivations. Il faut que ma fille sorte, je dois pousser vite et bien pour que ça cesse.

Par chance, là encore tout va très vite, en deux coups mon bébé est là: il est 8h32. Elle pleure, je suis soulagée, je souris. Le Mini n'avait pas pleuré à la naissance, alors entendre les cris de ma fille me rassure. On la pose sur moi. Elle est magnifique, elle a plein de cheveux et de jolies joues rebondies . Je laisse le soin à la sage-femme de couper le cordon. Je me sens comme anesthésiée (ce que je suis un peu, finalement, puisque la péridurale commence à agir), la douleur n'est déjà plus qu'un lointain souvenir (un coup de la péridurale ça aussi?). On m'aide à mettre ma fille au sein, et Mr Chéri arrive enfin. Cinq minutes trop tard. Je suis un peu déçue, mais je sais qu'il y aura beaucoup d'autres beaux souvenirs à partager. Il admire sa fille, tandis qu'on recoud (Oh joie!) la petite déchirure que m'a fait la demoiselle au passage, et monsieur fait un petit malaise à cause de la chaleur (et de son estomac vide). L'équipe est au petit soin pour lui et le fait s'allonger avant de lui apporter une chaise et une collation.

Les sages-femmes me félicitent encore pour cet accouchement exprès, confiant à mon mari que j'ai géré comme une pro, et lui conseillant de prendre des cours pour le prochain bébé: comme je suis partie, j'accoucherai à la maison. Après un déclenchement (qui n'a que trop bien et très vite fonctionné) et un accouchement sans péridurale, je me dis que c'est bien possible et ça fait réfléchir.

En tout cas, une chose est sûre: si j'ai le choix (et si bébé 3 il y a un jour), j'accoucherai directement sans péridurale. Je ne disais pas ça le jour même, mais dès le lendemain, remise de mes émotions, j'ai pris conscience du coté formidable de cette expérience. Pour avoir expérimenté les deux (avec et sans), je me suis sentie bien plus maîtresse des événements pour ce second accouchement, physiquement bien sûr, mais mentalement aussi. J'avoue que si j'avais du souffrir des heures durant, je ne tiendrais sans aucun doute pas le même discours, mais j'ai la chance de mettre mes enfants au monde vite et bien, alors autant en profiter!

Une petite fusée est née.
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Maman puissance 4 13/05/2016 21:45

Bienvenue au monde Petite Fusée! Et bravo à sa Maman!! Très touchant cet article...merci!